En vertu de la loi de 2017 sur les finances criminelles (CFA), les sociétés et les partenariats peuvent être tenus pénalement responsables s'ils ne prennent pas les mesures nécessaires pour empêcher leurs employés de faciliter la fraude fiscale. Une défense est toutefois possible si l'entreprise a mis en place un système de mesures de prévention raisonnables. Nous examinons ici les principaux aspects de cette loi et leurs implications pour votre entreprise.
Présentation de la loi
En vertu de la loi CFA, deux infractions pénales ont été introduites :
- infraction de fraude domestique
- L'infraction de fraude intérieure criminalise les entreprises, les partenariats et les organismes concernés qui n'ont pas mis en place de mesures de prévention raisonnables pour empêcher leurs employés, agents ou personnes associées de faciliter l'évasion fiscale.
- Infraction de fraude à l'étranger
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Cette infraction criminalise les sociétés exerçant des activités commerciales au Royaume-Uni qui ne mettent pas en œuvre de procédures raisonnables pour empêcher leurs employés, agents ou représentants de faciliter l'évasion fiscale dans une autre juridiction.
Ces règles s'appliquent à la fraude fiscale commise aussi bien sur le territoire national qu'à l'étranger, et concernent tous les impôts.
Trois étapes pour faciliter l'évasion fiscale
En vertu de la loi britannique sur la facilitation de l'évasion fiscale (CFA), trois étapes s'appliquent aux infractions de facilitation de l'évasion fiscale, qu'elles soient commises au Royaume-Uni ou à l'étranger. Seule l'infraction commise au Royaume-Uni est prise en compte ici ; des exigences supplémentaires s'appliquent pour l'infraction commise à l'étranger.
- Étape 1
- L’évasion fiscale criminelle (y compris les cotisations d’assurance nationale (NIC)) est commise par un contribuable.
- Étape deux
- La facilitation criminelle de la fraude fiscale est commise par une « personne associée » à l’« organisme concerné ».
- Étape trois
- L’organisme compétent n’a pas empêché son employé de faciliter criminellement la fraude fiscale, ou n’a pas mis en œuvre de mesures raisonnables pour empêcher cet employé de se rendre complice de fraude fiscale.
En vertu de la loi sur la concurrence, seuls les « organismes compétents » et les personnes morales, telles que les sociétés et les partenariats, peuvent commettre les nouvelles infractions. Les personnes physiques, contrairement aux personnes morales, ne peuvent pas commettre ces infractions.
L’expression « entité concernée » désigne les personnes morales (y compris les SARL) et les sociétés de personnes (qu’elles soient constituées en société ou non). Par ailleurs, une personne agit en qualité de « personne associée » si elle :
- un employé d'un organisme concerné, agissant en qualité d'employé
- un agent d'un organisme compétent, agissant en qualité d'agent
- toute autre personne qui exécute ou a l’intention d’exécuter des services pour ou au nom d’un organisme concerné, agissant en qualité de personne physique exerçant ces services (par exemple, un sous-traitant).
Lorsque les étapes un et deux ont été commises, l'organisme concerné est réputé avoir commis une infraction d'entreprise (sous réserve de la présentation d'une défense raisonnable).
La troisième étape ne modifie pas fondamentalement ce qui est considéré comme un acte criminel, mais se concentre sur les personnes tenues responsables.
Recourir à une « défense raisonnable »
En vertu de la loi fédérale sur la facilitation de l'évasion fiscale (CFA), il incombe à l'organisme concerné de démontrer qu'il a mis en place des procédures adéquates au sein de l'entreprise afin de se prémunir contre la facilitation criminelle de l'évasion fiscale. Si l'organisme peut prouver qu'il a mis en œuvre des procédures rigoureuses, des poursuites seront peu probables.
Un organisme compétent peut invoquer un moyen de défense lui permettant de prouver que, lors de la commission de l'infraction de facilitation de l'évasion fiscale, il disposait de procédures de prévention appropriées.
L’expression « procédures de prévention » désigne ici les procédures visant à empêcher les personnes agissant en qualité de représentants d’un organisme concerné de commettre des infractions de facilitation de la fraude fiscale au Royaume-Uni. La nouvelle loi n’impose pas aux organismes concernés des procédures excessivement contraignantes, mais elle exige davantage que de simples déclarations d’intention.
risque élevé
Le gouvernement recommande aux organisations opérant dans des secteurs à haut risque, comme les banques et les sociétés de services financiers, de procéder à des évaluations approfondies des risques afin d'établir la probabilité que leurs collaborateurs commettent l'acte criminel de complicité de fraude fiscale. Il est recommandé à ces organisations de suivre les recommandations gouvernementales en la matière.
Que doit faire mon entreprise ?
L’administration fiscale britannique (HMRC) a publié des recommandations sur les procédures que les organismes concernés (c’est-à-dire votre organisation) doivent mettre en place afin d’empêcher leurs membres de commettre le délit de complicité de fraude fiscale. Ces recommandations sont accessibles ici .
Les instructions du HMRC sont conçues pour vous aider à comprendre les différents types de procédures disponibles.
Les six « principes directeurs »
Le gouvernement a défini six « principes directeurs » pouvant servir de guide dans les démarches de prévention. Chacun de ces principes vise à conseiller les organisations sur l’évaluation du risque que des personnes qui leur sont associées facilitent illégalement la fraude fiscale.
1. Évaluation des risques
En tant qu'organisme concerné, il vous est conseillé d'évaluer la nature et l'étendue de votre exposition au risque que des personnes qui vous sont associées facilitent la fraude fiscale. L'administration fiscale britannique (HMRC) recommande d'examiner attentivement les agissements de ces personnes associées et de déterminer si elles ont un mobile, la possibilité et les moyens de faciliter la fraude fiscale de manière criminelle.
Vous devriez demander :
- Le travail effectué par les « personnes associées » est-il soumis à un contrôle ou à un examen ?
- Quelle est la probabilité que la facilitation criminelle de la fraude fiscale par une « personne associée » soit détectée ?
- Existe-t-il des produits ou des services utilisés par les « personnes associées » qui pourraient faire l'objet d'abus ?
- À quelle fréquence les personnes occupant des postes à haut risque reçoivent-elles une formation sur la fraude, et avec quelle rigueur cette formation est-elle évaluée ?
2. Proportionnalité des procédures de prévention fondées sur les risques
Vos procédures raisonnables doivent tenir compte de la nature, de l'ampleur et de la complexité de vos activités préventives. Les organisations opérant dans des secteurs tels que la banque ou la comptabilité peuvent être exposées à des risques plus importants que d'autres.
3. Engagement de haut niveau
La direction doit s'engager à empêcher toute complicité de fraude fiscale de la part de ses collaborateurs. Une politique de tolérance zéro peut être adoptée, et les responsables doivent veiller à ce que les conséquences de toute complicité de fraude fiscale soient clairement expliquées à leurs collaborateurs.
Les gestionnaires sont invités à :
- Décrivez les conséquences du non-respect de la politique de l'organisme compétent en matière de facilitation de l'évasion fiscale.
- Abstenez-vous de recourir aux services de ceux qui n'ont pas mis en place les mesures préventives appropriées.
- Communiquer les principales procédures préventives de l'organisme concerné.
4. Diligence raisonnable
Afin d’atténuer tout risque potentiel, vous devez veiller à appliquer des procédures de diligence raisonnable proportionnées à l’égard des personnes qui exécutent ou ont l’intention d’exécuter des services en leur nom.
Posez-vous les questions suivantes :
- Connaissez-vous bien les personnes qui effectuent des tâches pour le compte de votre organisation ? Devez-vous procéder à des vérifications supplémentaires à leur sujet ?
- Votre organisation exige-t-elle des certificats annuels attestant de votre conformité au CFA ?
- Si vous envisagez d'acquérir une autre entreprise ou de fusionner avec elle, avez-vous pris en compte les implications liées à l'obtention du CFA ?
5. Communication
Les personnes associées à votre organisation doivent recevoir une formation approfondie et adéquate en ce qui concerne la facilitation criminelle de la fraude fiscale, et les politiques de prévention doivent être bien communiquées, comprises et mises en œuvre par l'ensemble du personnel.
Votre communication devrait viser à mettre en évidence :
- Les politiques et procédures mises en place pour prévenir la facilitation criminelle de l'évasion fiscale
- Comment obtenir des conseils ou signaler tout problème lié à la facilitation criminelle de la fraude fiscale
- Que signifie l'évasion fiscale et la fraude associée ?
- Obligations d'un employé en vertu de la CFA.
6. Suivi et examen
Vos mesures préventives doivent faire l'objet d'un examen approfondi et être modifiées le cas échéant. La nature des risques auxquels vous êtes confrontés évolue généralement avec le temps ; par conséquent, la direction doit veiller à ce que l'organisation s'adapte en conséquence.
Méthodes pour revoir vos procédures :
- Grâce aux commentaires fournis par les membres du personnel interne
- Au moyen d'examens périodiques, accompagnés de constatations documentées
- En collaborant avec d'autres organisations confrontées à des risques similaires.
Non-respect des règles : quelles sont les sanctions ?
L'administration fiscale britannique (HMRC) déclare : « Cette législation vise à lutter contre les infractions commises par ceux qui agissent pour le compte d'un organisme concerné. » En vertu de la loi sur la facilitation de l'évasion fiscale (CFA), les organismes concernés qui ne parviennent pas à empêcher leurs personnes associées de commettre l'acte criminel de facilitation de l'évasion fiscale s'exposent à des amendes illimitées et à des mesures accessoires, telles que des ordonnances de prévention des infractions graves ou des ordonnances de confiscation.















